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mercredi 26 octobre 2011

Chapel Club (+ Elephant + Other Lives) - Shepherd's Bush Empire (London) - 18.10.11



Ce mardi 18 octobre 2011 a vu mes retrouvailles avec Chapel Club après leur première partie de Suede en mai dernier. C’est vers 17h que je m’approche du Shepherd’s Bush Empire pour voir que personne ne faisait la queue, je décide donc de la commencer. Une demi-heure plus tard, une fille arrive en me scrutant, il s’avèrera qu’elle est française et en prime ma voisine d’Eurostar la veille ! À 19h presque pétantes, la sécurité ouvre les portes et nous laisse entrer. Je découvre donc l’intérieur de cette salle mythique et première surprise, la fosse est toute petite ! En effet, l’Empire est plus en hauteur (3 balcons) qu’en largeur, malheureusement pour le groupe, seul le premier balcon est ouvert.

19h45, Elephant entre en scène. Ce duo londonien composé de Amelia Rivas au chant (apparemment à moitié française) et de Christian Pinchbeck à la guitare et au synthé est accompagné par un troisième gai luron au synthé dont je n’ai pu trouver le nom. Faisant de la synthpop, ils gagnent rapidement mes faveurs, même s’il y a une impression de pas fini dans leurs chansons, comme s’ils n’étaient pas allés plus loin que le stade de la démo. La sensuelle Amelia a une belle voix qui tend dans les graves mais la malheureuse n’a pas vraiment pu se lâcher, malade, elle ne cessait de boire entre les chansons (voire pendant). Habillée d’une petite robe noire classique, son tatouage d’un grand-bi qui semble tout droit sorti du Prisonnier sur son bras droit est sa seule fantaisie comparé à Christian, flamboyant en jean plus-skinny-que-ça-tu-meurs, un pull tricoté par sa grand-mère bleu ciel avec un chat blanc dessus, un magnifique collier peut-être chipé à Amelia et le clou, des baskets en toile plus-trouées-que-ça-c’est-des-tongs. À côté de cela, le deuxième blondinet semble presque correct avec son t-shirt “Nice. France” et ses baskets montantes tout droit sorties de Retour vers le futur et ses pas de danse qui vont avec. Ceci dit, c’est un groupe à suivre, et n’ayant pu acheter leur EP suite à rupture de stock, je l’ai précommandé. 

45 minutes plus tard, c’est une toute autre atmosphère qui s’est installé avec Other Lives venus avec tous les instruments possibles et imaginables : un énorme tambour, deux violons, un violoncelle, trois synthés, un orgue à soufflet (ou peu importe comment s’appelle cette machine), deux xylophones, une basse, une batterie, deux ou trois guitares et alors qu’on n’en pouvait déjà plus, voilà qu’ils nous sortent des castagnettes, des tambourins faits en bois de cerf avec des clochettes et même un harmonica ! Ce sont biens des Américains, bien barbus, bien terre à terre. À vrai dire, je n’ai pas trop prêté attention à la musique, tellement j’étais subjuguée par le nombre d’instruments déployés devant moi (et que je luttais contre le regard du chanteur pas franchement joli posé sur moi), mais ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Il faut cependant reconnaître qu’ils ont tous (à l’exception du batteur, forcément) joué de trois ou quatre instruments (voire six pour la fille), ce qui n’est pas acquis pour tout le monde.  Après leur set, j’arrive à retrouver Linn, grande avocate du groupe rencontrée sur Twitter, qui s’installe à la barrière à mes côtés.


21h30, les voici enfin mes nouveaux petits chouchous ! Pour continuer dans le thème “animal” de la soirée (j’abordais moi-même un magnifique zèbre sur mon t-shirt), Lewis portait une chemise avec des tigres dessus. La déco est minimaliste à souhait (une sorte de guirlande de Noël avec de grosses ampoules), mais comme les lumières sont même plus sombres que celles de BRMC, cela ne pose pas de problème.  Sur cette dernière tournée avant le deuxième album, le groupe nous propose deux sets, le premier constitué de nouvelles chansons donc certaines n’ont que trois semaines d’existence et le deuxième constitué de chansons extraites de leur album Palace et leur EP Wintering

Le premier set comprend 6 chansons dont j’en connaissais déjà deux, New Colours et Shy, de vidéos glânées sur le net de leurs passanges en festivals cet été. Beaucoup plus entraînantes que ce qu’on peut trouver sur leur premier album, elles montrent un changement de direction qui me va plutôt bien vers l’électro avec Michael (qui avait rangé ses mocassins à glands et sorti ses Creepers) et Alex qui délaissent leurs guitares pour des petits synthés, de plus Liam le bassiste nous sort quelques notes de melodica qui me rappellent Damon Albarn et Lewis part dans une tessiture aiguë inhabituelle mais finalement très belle. Il chante également avec beaucoup d’intensité, ce qui fait qu’on a du mal à détourner son regard de lui. 

C’est avec de gros applaudissements que le public salue ce set que le groupe enchaîne directement par Depths et leur single Surfacing. Lewis a dédié Blind à sa grand-mère présente dans le public, qui apparemment voyait le groupe sur scène pour la première fois. Il a dédié la chanson suivante, Roads, à Linn, qui me parlait et du coup a raté sa dédicace avec en prime Lewis s’en est aperçu ! (“Je voudrais dédier cette chanson à quelqu’un qui nous a beaucoup soutenu et qui s’en fiche puisqu’elle parle à son amie !” OOPS !) Ann’So et l’art de passer inaperçue au premiers rangs des concerts... 

Le public semble avoir été conquis par ce concert, même si je suis restée sur ma faim, j’ai effectivement trouvé ce concert trop court, mais très bon, donc l’équilibre n’est pas rompu. Il me tarde d’écouter ce deuxième album prometteur. 

Texte : Ann'So.

Chapel Club: chapelclub.com

jeudi 16 juin 2011

Suede (play Coming Up) - Brixton Academy (London) - 21.05.11

Samedi 21 mai 2011 - soirée Coming Up ou comment, pour la première fois de ma vie, j’ai éclaté en sanglots au premier rang d’un concert.

Aujourd’hui j’arrive vers 8h45 et je suis troisième dans la queue derrière les Suisses ! Une légère sensation de déjà-vu se fait ressentir... ainsi que la fatigue, la queue sera effectivement moins active et plus endormie (voire carrément dans le cirage pour certains). On s’occupe comme on peut et Eva l’Allemande fera de la Suede Manucure à une petite dizaine de fans, à savoir placer les lettre S-U-E-D-E et T-R-A-S-H dans la police du groupe sur les ongles de la main gauche et droite respectivement. Simon viendra comme la veille nous faire coucou vers 15h en nous gratifiant comme la veille d’un “Good Morning” (euh Simon, on n’est plus le matin là !). Comme la veille, on voit les membres de Chapel Club passer (dont Michael et ses mocassins à glands qui m’ont déclenché un fou rire totalement nerveux...). Comme la veille et l’avant-veille, nous sommes rentrés à 19h et je me suis placée sur la barrière au même endroit que la veille.

20h15 - Nous sommes bien rodés, voici Chapel Club qui reviennent avec encore une fois une setlist similaire mais en nous sortant Depths en intro, nous aurons entendu l’intégralité de leur album plus une partie de leur Wintering EP (en bonus sur la version deluxe de l’album) ainsi que Waterlight Park, la fameuse inédite que j’aime réellement beaucoup ! Comme les jours précédents, Lewis me remarquera avec Eva avec qui je chantais les paroles, il a également salué José (le grand Espagnol facilement reconnaissable... parce que c’est un des rares gars au premier rang !).

21h30 - La soirée Coming Up démarre avec les cordes de She. L’album est tellement en contraste avec son prédécesseur que je suis dans un état d’esprit complètement différent, plus “je vais me secouer toute la soirée”, plutôt que “je vais pleurer toutes les larmes de mon corps”, mais comme nous allons le voir, je réussis encore à me surprendre malgré tout ! Le premier morceau de l’album est bien sûr Trash et bien sûr, nous sommes écrasés contre la barrière et l’excitation est déjà au maximum ! Brett, sans aller sur la barrière, chante très près du bord de la scène en “tête à tête” avec le premier rang. Il est habillé comme la veille mais le pantalon n’est pas le même, j’y remarque une couture de réparation d’une déchirure dans l’aine (c’est fou tout ce qu’on peut remarquer lorsqu’on est au premier rang...)

Filmstar suit, puis Lazy et là, j’écarquille mes yeux, Richard, d’habitude si en retrait par rapport aux autres, est carrément au milieu de la scène et... CHANTE LE REFRAIN ! Mais que ce passe-t-il ? Le pire, c’est qu’il va nous refaire cela plusieurs fois dans la soirée ! Je suis en train de me demander si je me suis pas endormie et que je rêve ou si je n’ai pas abusé de drogues... By The Sea ralentit la cadence mais nous permet de respirer et d’apprécier ce sublime morceau même si la version de l’Élysée Montmartre m’avait plus marquée (d’un, parce que je ne m’y attendais pas, de deux, parce que Brett s’est accroché à mon bras en descendant de scène et de trois, il a fini par “Into... la mer”).

She arrive avec les “la la laaaaaaaa” de Neil qui m’éclatent à chaque fois. Ah Neil, je n’ai pas beaucoup parlé de lui... Lui qui d’habitude reste de marbre sur scène a réussi à décrocher quelques sourires, surtout quand Brett était dans le public. La folie repart avec Beautiful Ones et j’espère que mes côtes qui, malgré tout, ont résisté aux soirées précédents, continueront dans leur droit chemin. Starcrazy commence et Brett chante droit dans mes yeux, aurait-il remarqué les étoiles sur mon t-shirt ? En tout cas, le “she’s star, star, crazyyyyyyyyyy” fonctionne très bien ! Picnic By The Motorway démarre et mes yeux me piquent, j’ai tellement de souvenirs liés à cette chanson... Je réussis à ne pas pleurer et à apprécier ce morceau pas entendu sur scène depuis fort longtemps. The Chemistry Between Us... Que dire ? C’est l’équivalent de The Asphalt World sur Coming Up, morceau fleuve comme je les aime qui prend une dimension sublime en live, un grand moment. Et la fin de l’album arrive avec Saturday Night, cela tombe bien, nous sommes samedi !

Et voici venu le temps du rappel et ses surprises ! Tout d’abord Europe Is Our Playground, face B classique qui était attendu comme le Messie par tout le monde, moi la première ! Étant donné que beaucoup étaient venus de l’étranger à Londres, les paroles “Europe is our playground, London is our town” ont sonné comme la vérité même et un résumé parfait de ces trois jours magiques. Suivra This Time, je ne sais pas si c’est le résultat de la fatigue, de l’émotion, de tout ce qui m’est lié à Suede ou quoi que ce soit mais me voici en train de pleurer toutes les larmes de mon corps sur cette chanson ! Apparemment Neil avait les larmes aux yeux en regardant Brett chanter donc ce n’est peut-être pas si décalé que cela de fondre en larmes à ce moment. Je me reprends sur Young Men et me revois en train d’écouter Sci-Fi Lullabies pour la première fois et je me rends compte que... j’ai complètement oublié les paroles de cette chanson ! Suivra Together, face B totalement richardienne que j’aime beaucoup et je me surprends à avoir un méga sourire aux lèvres ! Can’t Get Enough et le Mat Osman Show reviennent faire un petit tour. Aujourd’hui comme je suis en face de lui, je peux vraiment bien le voir et rire au maximum ! Et comme la veille, le groupe finira sur les trois singles de Suede, So Young, Metal Mickey et Animal Nitrate.

Je rate les setlists, la baguette de Simon mais je réussi à attraper la bouteille d’eau de Neil ainsi que son médiator ! Pour l’anecdote, le groupe a bu de l’eau galloise durant ces trois jours. Dire au-revoir à tous les fans avec qui on a fait la queue pendant trois jours est très dur et revenir à la vie “réelle” après cela encore plus, cependant c’est désormais avec un large sourire que je me rappelle que ces quelques jours, d’autant plus qu’il n’y a pas si longtemps que cela, l’espoir de revoir Suede un jour sur scène était aussi mince qu’un Richey Edwards version 1994. Cela a été un magnifique voyage dans le passé, le présent et le futur (les gars, on veut un nouvel album maintenant !). Chapel Club restera ma grande révélation, et c’est avec plaisir que je les retrouverai à Londres au mois d’octobre !

Texte : Ann'So. Photos bientôt !

mercredi 15 juin 2011

Suede (play Dog Man Star) - Brixton Academy (London) - 20.05.11

Vendredi 20 mai 2011 - soirée Dog Man Star ou comment j’ai récolté un surnom à la noix durant la queue et déprimé avec le sourire à la barrière.

8h55 - je suis troisième dans la queue après les Suisses ! Aujourd’hui le soleil tape dur sur la Jamaïque... euh, le quartier jamaïcain de Londres, j’emprunte la crème solaire des filles en oubliant de me tartiner les mains, résultat, elles sont cramées ! Je ne sais pas ce qu’il se passe dans l’air, si c’est la conséquence d’avoir vu le groupe hier ou celle de nos expériences d’achat à Poundland (où tous les articles sont à 1£) pour être plus confortables sur le trottoir de l’Astoria Walk, mais l’ambiance est au fou rire. Tout a commencé lorsque les Suisses ont acheté des bouées pour enfants aux couleurs de “The Spectacular Spiderman” en guise de coussin (le pire, c’est que c’est super pratique !) qui nous ont permis de faire une session photo collier-chapeau et compagnie jusqu’à temps que le vent se lève et qu’une photo me capture dans une position - à mon insu - de kung fu (je ne faisais que repousser les poussières !). Ajoutez à cela mon maquillage “yeux de panda” et vous obtenez le surnom de “Kung Fu Panda” ! Vers 15h, Simon arrive et nous gratifie d’un “Good Morning !” avec un grand sourire et se prête à une séance improvisée de photos et autographes. Mister Gilbert, toujours égal à lui-même. On ne verra pas passer d’autres membres du groupe, cependant tout Chapel Club passe devant nous (dont Michael et ses Creepers ! - FIN DE LA TROISIÈME MINUTE GROUPIE). Une fille passe pour récupérer nos adresses e-mail et nous donne une carte postale et des badges Chapel Club, j’adore ! Nous voyons une classe d’enfants de 7 ou 8 ans passer avec des pass Suede sur leurs blazers et là, grande joie, nous pensons que nous allons avoir les chants à la fin de We Are The Pigs. Nous les applaudissons, essayons d’échanger nos bouées Spiderman contre un pass mais en vain.

19h - rebelote, ouverture des portes, fouille et marche rapide en slalom autour des mini-barrières de la fosse en pente. Ce soir, je me place à mon endroit habituel, à gauche de Brett, à droite de Neil, face à Mat et en prime je vois magnifiquement Simon (mon préféré). Il faut noter que la Thaïlande et son Thaïlandais l’ont bien marqué, durant la totalité des concerts, il aura de l’encens constamment en train de se consumer (je ne suis pas fan de l’odeur, tant pis !). Même musique d’attente que la veille avec Interpol, Joy Division, etc...

20h15 - Chapel Club monte sur scène. Ce soir, nous avons le droit à une setlist bien meilleure à mon goût, même si finalement elle ne change pas tant que cela (ils n’ont sorti qu’un album, ils n’ont pas trop de choix de chansons). Cependant, ils nous réservent une petite surprise, une nouvelle chanson qu’ils n’ont jouée que 3 fois, répétition comprise. Waterlight Park peut se visionner ici ; pour ma part, j’ai adore le synthé qui donne une nouvelle dimension au groupe et j’espère qu’ils suivront cette direction pour leur second album, car je pense que cela leur va très bien. La dernière minute en crescendo avec les parles magnifiques de Lewis (qu’on ne remarque pas assez) est un de mes très jolis moments de tous ces concerts. Lewis paraît plus détendu que la veille et se lance dans quelques blagues : “On s’appelle Chapel Club, je le répète Chapel Club. Parce qu’apparemment hier, je l’ai pas assez dit.”... “Qui était là hier ?” Tout le premier rang lève la main. “Qui sera là demain ?” Tout le premier rang lève la main. “D’accord ! Donc on est Chapel Club et désolé, vous risquez de vous ennuyer parce qu’on n’a pas vraiment beaucoup de chansons à vous proposer ! On est Chapel Club ! Chapel Club !”

21h30 - Le GRAND moment va commencer et les cordes splendides de Still Life se font retentir... Première surprise de la soirée : Introducing The Band (déjà intro surprise à l’O2 Arena) est jouée en vrai par le groupe ! Et ma foi, “ça dépote” ! Brett a troqué sa chemise blanche de la veille pour une chemise gris chinée à fines rayures et a mis du chatterton sur son alliance (peur de se la faire voler ou de la perdre ?). We Are The Pigs arrive telle la cavalerie au galop et notre théorie des enfants s’avère finalement fausse ! Ces pauvres enfants ont dû se demander de quoi nous pouvions leur parler ! Pas le temps de vraiment se poser de questions, Suede, fidèles à eux-mêmes, enchaînent les chansons sans laisser de répit à quiconque essayant de se désincruster de la barrière et Heroine, avec son emprunt à Lord Byron, débarque dans une version finalement très émouvante lorsque Brett dit “I’m eighteen and I need my heroine”. Restons dans l’émotion avec la resplendissante The Wild Ones, la chanson qui m’a fait découvrir Suede avec son clip dans... Hit Machine ! (Si, si, la France vivait dans un monde parallèle en 1994 où elle passait des très bonnes chansons à la télé en pleine journée !) C’est la chanson de Suede préférée de Brett et son interprétation s’en ressent toujours, magnifique.

C’est la gorge serrée que j’entends les première notes de Daddy’s Speeding, grand moment de Dog Man Star (je précise que cet album est mon album préféré de Suede, et un de mes albums préférés tout court) et mon esprit s’envole à Hollywood dans les années 1950 avec James Dean. The Power me remet les pieds sur terre et j’espère sans grand espoir la réentendre un jour en français comme Brett l’avait fait au Bataclan en 1994 lors de la tournée double tête d’affiche avec les Manics. Le rythme de la chanson faisant, nous nous retrouvons à nous balancer de gauche à droite gentiment sans le vouloir. New Generation raccélère la cadence et “nous perdons la tête” avec Brett avec bonheur, surtout lorsqu’il vient sur la barrière jusque devant moi, je peux à peine le toucher pourtant sous peine de mort tellement je suis écrasée... Brett se retourne, me met un coup de derrière dans la tête, me fait un clin d’œil et remonte sur scène ! Mes lunettes valsent, je les rattrape au vol, les remets et voie flou... ??? Elles sont sales ! This Hollywood Life arrive et on continue dans la folie et on chante (faux) à tue-tête, je ne vois plus rien de toute manière...

Et on repart dans la déprime et l’émotion avec The 2 Of Us, qui me permet de nettoyer mes lunettes sans avoir peur de les perdre et de respirer un peu (en luttant pour ne pas pleurer). Ce combat continue dans Black Or Blue, vitrine de la merveilleuse voix de Brett, plus en forme que jamais. Place au chef-d’œuvre, je parle évidemment de The Asphalt World, présente ici dans sa version longue durant laquelle Brett s’éclipsera derrière pour laisser place à Richard et son génie. Je peux désormais mourir, j’ai entendu ma chanson préférée de Suede dans la version que je voulais. L’album se finit sur Still Life et nous retrouvons les cordes qui avaient ouvert le concert et là tout le public est bon pour se faire interner pour dépression, mais le rappel commence...

Comme nous y avions eu le droit à l’O2 Arena, Brett nous chante tout seul comme un grand avec sa guitare The Living Dead. Si nous nous croyions sortir des gorges nouées, larmes et autres, c’est mal barré ! Son récit d’un drogué de la part d’un ancien drogué touche certainement des cordes sensibles de part son honnêteté. Quelques notes de piano et nous reconnaissons avec surprise My Dark Star, face B de Stay Together, et c’est aussi avec surprise que j’entends toute la salle chanter ! Suede est en effet un groupe qui soigne autant ses faces B que les singles et les albums. Mais Suede avaient encore d’autres surprises pour ce soir et voilà qu’ils nous sortent de leur chapeau THE MEGA SURPRISE, alias Stay Together. Je reste bouche bée, mon cœur s’arrête, ma voisine Eva fond en larmes, l’effet est garanti ! Pour nous secouer et nous remettre l’esprit en place, ils nous ressortent Killing Of A Flashboy puis finissent la soirée sur les trois singles de Suede : So Young, Metal Mickey et Animal Nitrate.

Le groupe s’en va, je demande setlist et compagnie et je manque tout mais je repars dans l’idée d’avoir passé un moment magique et féerique.

Suite et fin demain !


Texte : Ann'So. Photos très bientôt !

mardi 14 juin 2011

Artmagic - The Windmill (London) - 18.05.11 & Suede (play Suede) - Brixton Academy (London) - 19.05.11

Au lendemain des concerts de Brixton et à peine remise de ses émotions, Ann'So nous raconte sa folle semaine spéciale Suede !

Mercredi 18 mai 2011, 10h30, je prends le RER direction Paris dans une demi-heure et là me vient une idée : “Et si j’allais voir Artmagic ce soir ?” Gné ? Qui ? Sous ce pseudonyme se cache le chanteur et producteur Sean McGhee et un certain guitariste du nom de Richard Oakes, alias “la p’tite bite à Brett” (“Brett’s little Dick” en VO), alias le guitariste de Suede. Or le lendemain et les deux soirs de suite, je vais voir Suede jouer en intégralité leurs trois premiers albums, Suede, Dog Man Star et Coming Up, je ne connais rien de Artmagic mais cela ne vaut que 5£ et c’est dans un petit bar de Brixton, The Windmill, donc soirée tranquille en perspective. Confirmation Paypal imprimée, valise à la main, j’attrape mon RER, mon Eurostar et me voici dans “l’amour et le poison de Londres”. Passage (sous une pluie battante) à Camden où je trouve le flexidisc de Dog Man Star donné avec le NME pour 3£, petit dîner de sandwichs devant la télé dans la chambre d’hôtel et nous voici arrivées au Windmill. (Nous, c’est Sof, alias BlackSof la Belge et moi).

Pleins de fans de Suede sont là évidemment. La première partie est assurée par Andrew Montgomery, ex-chanteur de Geneva, groupe de la fin des années 1990 signé sur Nude, le label de Suede (ah ouais ?), accompagné par Sean, Richard et Jody Gadsden, le chanteur des Gadsdens, l’autre première partie sur qui je reviendrai plus tard. Andrew nous propose des chansons douces et calmes qui mettent sa voix en valeur et nous offre quelques blagues sur son accent (“Qui vient de l’étranger ? - Vous comprenez ce que je dis ?”) et des imitations de pub pour la bière entre deux, ce qui assure une bonne ambiance. Il nous rappellera aussi qu’il a chanté dans un groupe qui s’appelait Geneva qui a ouvert pour Suede il y a... (longue toux) beaucoup de temps. The Gadsdens donc, quintette de Londres ma foi fort sympathique et mon gros coup de cœur de la soirée (cela n’a absolument rien à voir avec le fait que je trouve Jody très à mon goût et en plus il sent très bon... FIN DE LA PREMIÈRE MINUTE GROUPIE). En tout cas, ils ont attiré un peu plus de monde avec leurs chansons entraînantes teintées années 1980 (ils se sont fait connaître par une reprise de Bronski Beat).

Puis voici Artmagic pour la sortie de leur EP I Keep On Walking. Sof m’avait prévenue que “c’est assez lent, assez doux”, et bien nous avons bien été surprises ! Il y avait des morceaux qui “cassaient la baraque” ! Mon petit bémol était le public qui parlait bien trop et donc j’avais du mal à me concentrer sur la musique qui a fini en “soupe” dans mes oreilles. Avis aux fans de Doctor Who, Sean est un gros fan (avec qui j’ai fini par discuter de la série sur Twitter !) et nous montrera ses chaussettes ornées de Daleks pour le prouver ! (Avec le recul, effectivement la manière dont il était habillé rappelait le costume du 11ème Docteur, le nœud papillon en moins, pourtant “Bow ties are cool !”). Richard m’est apparu sous un nouveau jour, moins hamster ou “lapin pris dans les phares” et plus détendu. Sean a remercié ceux venant de loin pour voir “d’autres gars” pour avoir modifier leur vol/train/hôtel/projets. Le EP était disponible à l’achat et le groupe s’est prêté avec sourire (mais Richard, que t’arrive-t-il ?) à une séance d’autographes et de photos avec les fans durant laquelle on apprendra que sa nièce s’appelle Sophie (au grand bonheur de Sof, fan de Richard de la première heure, qu’on a dû - gentiment - pousser pour qu’elle obtienne son Saint Graal).

Jeudi 19 mai 2011 - soirée Suede ou “Comment j’ai survécu au premier rang devant Brett avec une Sumo à côté de moi”

9h15 - je suis deuxième dans la queue puis progressivement, les habituées (bah oui Suede, ça attire les filles !) des précédents concerts arrivent dans une ambiance bon enfant. Comme d’habitude “queuer” consiste à s’asseoir sur un trottoir façon SDF/réfugié et à parler, manger, rire, se faire insulter, entendre une demi-heure de louanges sur le modèle de Doc Martens qu’on porte, dévaliser Poundland, etc. jusqu’à 19h et l’ouverture des portes et la fouille (“Nan, j’ai pas de chewing-gums, laisse-moi rentrer ! - Oui j’ai bien un ticket fosse, laisse-moi passer !”). Ce soir, je décide de me placer à côté des Suisses fan de Brett (c’est à dire au centre légèrement décalée sur la droite, face à Simon) mais le mec à ma gauche laisse un espace entre lui et moi (mauvais signe).

20h15 - Chapel Club arrivent sur scène, à peine remarqués. Ne connaissant pas ce groupe à l’annonce de leur première partie de ces trois soirs, je suis littéralement tombée amoureuse de ce groupe de Londoniens qui tombent dans la case “post-punk/shoegaze/etc.” et de la voix du chanteur, Lewis Bowman, à mille lieues de son physique. Ils lancent leur set avec Surfacing, alias “la chanson qui plagie Dream A Little Dream”, un de leurs singles et de la même manière dont la chanteuse de New Young Pony Club m’avait remarquée en train de chanter lors de la première partie de Suede à l’O2 Arena, Lewis me prendra en flagrant délit de “Oh putain, y’en a une qui connait mes paroles !”. Avec le recul, la setlist qui ont choisi pour ce soir est celle qui aura le moins bien marché, de plus le groupe reste timide sur scène et n’a pas franchement de “look” (à part le magnifique guitariste Michael Hibbert qui avec ses vestes bien taillées et ses Creepers assume le rôle de “bien fringué” du groupe - jusqu’à ce qu’il coupe sa magnifique toison ondulée en coupe à la Cribs et sorte ses mocassins à glands le troisième soir... - FIN DE LA DEUXIÈME MINUTE GROUPIE), cependant on ressent une grande fierté dans les yeux de Lewis qui semble apprécier le moment. Leur Twitter me confirmera plus tard qu’il est fan de Suede. Ils finissent sur “ma chanson préférée de nous” (dixit Lewis), c’est à dire The Shore, LA chanson qui m’a fait dire “J’AIME ce groupe !” que l’on peut télécharger sur leur site officiel.

21h30 - Suede arrivent sur scène après Bodies des Sex Pistols et la version instrumentale à cordes de Sleeping Pills. So Young démarre et voici qu’une énorme Japonaise de la carrure d’un sumo vient s’intercaler à ma gauche et là, c’est la ca-ca, la cata, la catatrosphe : me voici partie pour une heure et demi de concert de folie écrasée contre la barrière (merci la fosse en pente), penchée sur la droite, le coude de la sumo dans le cou... D’accord, ce sont les aléas des concerts en fosse et j’y suis habituée depuis les quelques 15 ans que j’en fais, mais j’avoue que là, ce n’était franchement pas possible. Je vous ai parlé des “Breeeeeeeeeeeeeeettttttttt, I love youuuuuuuuuuuuuuuuuuuu” qu’elle sortait à chaque fois que Brett osait s’approcher de nous ? Fermons la parenthèse et concentrons-nous sur ce qu’il y a de plus important, la musique, la sueur et l’émotion. So Young démarre donc et là tout le monde entonne le “she can... start... to walk out... when she wants”, Brett se secoue de partout, saute dans tous les sens, et finit la chanson en faisant tournoyer son micro au-dessus de lui, de nous, de tout le monde et là, je pense au pauvre Richard qui avait failli se le pendre en pleine poire à l’O2 Arena.

Ce qui est pratique lorsque l’on va à des concerts spéciaux dans lesquels des albums sont joués dans leur intégralité, c’est que l’on sait quelques chansons seront jouées dans quel ordre. C’est donc sans surprise que les premières notes d’Animal Nitrate retentissent et son “21” combinaison de V-sign et de doigt d’honneur (les fans de Suede et Anglophiles comprendront, pour les autres, je vous réfère à la page Wiki). Brett fait son petit saut habituel sur la barrière du premier rang et revient, un bouton manquant à sa chemise. “Vous me devez un bouton !” lancera-t-il en refermant ce qu’il reste des-dits boutons.

Petit moment de répit avec la très jolie She’s Not Dead et c’est reparti pour un écrasement de côtes et de tout ce qui peut exister dans le corps avec Moving qui fonctionne toujours très bien en live, il faudrait qu’ils pensent à la sortir plus souvent dans leur set live. Suivra le classique Pantomime Horse qui me rappelle à chaque fois la vidéo de toile de fond qu’ils utilisaient sur la tournée Dog Man Star avec une ballerine qui se fait lécher le derrière en ombres chinoises (enfin c’est ce que mon esprit tordu comprenait à l’époque et comprend toujours, je vous laisse vous faire une idée ici) qui va de pair avec les paroles “Ever tried it that way - have you ever tried it that waaaaaaaaaaaaay?” Comme à son habitude, c’est un magnifique moment que le groupe nous donne là.

The Drowners nous sort de notre belle stupeur et là tout le monde braille les paroles et la folie s’empare réellement de la superbe salle qu’est la Brixton Academy. Si je comptais rentrer en France avec toutes mes côtes, l’espoir s’amenuise peu à peu. Breakdown nous laisse reprendre notre souffle avant de replonger dans l’action avec Metal Mickey sur laquelle j’essaie comme je peux de me dégager de la Sumo en tapant des mains sur le “She seeeeeeeeeeeells heart, she seeeeeeeeeeells meat”du refrain. En vain. Je commence à perdre espoir et à m’imaginer en train de mourir étouffée entre elle et la barrière sans que personne ne s’en rende compte... Surtout quand la prochaine chanson remue autant que la précédente : Animal Lover (petit coup de griffe à Damon Albarn quand les deux se “partageaient” Justine Frischmann à coups de suçons sur son corps). The Next Life conclut l’album majestralement en piano voix Brett/Neil et on a juste envie de voler avec eux dans une vie meilleure...

Voici le moment du rappel constitué de “surprises” comme on nous l’avait annoncé... Le groupe au complet revient pour High Rising, face B de So Young avec sa fin magique “Stop making me older, start making me new” qui me fait hérisser les poils à chaque fois. Une autre face B plus connue en live suivra : He’s Dead, face B de Metal Mickey. La partie face B se finira sur les célèbres My Insatiable One et To The Birds et sa ligne de basse royale. La pochette de We Are The Pigs apparaît derrière le groupe tandis que la batterie de l’intro de Killing Of A Flashboy claque dans l’air nous fouetter le visage et c’est reparti pour un tour de manège “écrasement de côtes” mais qu’est-ce qu’on peut l’aimer cette chanson ! Et puis là, gros arrêt sur image, j’entends Can’t Get Enough, je vois la pochette de Head Music surgir mais je ne reconnais pas ! (Mode blonde on) Cette chanson reste pour moi le “Mat Osman show”. Je vous conseille vivement d’arrêter de regarder de temps en temps Brett/Neil/qui vous voulez et de vous intéresser au grand dadais à la basse qui nous fait des mouvements de bassin sexy et chante de la manière d’un singe, un de mes passe-temps préférés en concert de Suede, merci Mat ! Le groupe nous quittera sur le doublé Trash et Beautiful Ones, la première forcément dédicacée à ce webzine [merci ! ndlr], la deuxième avec le retour du V-sign sur “22”.

Le corps meurtri, les cheveux dégoulinant de sueur, je reste à l’hôtel bien décidée à éviter la Sumo pour le restant de mes jours suediens...

La suite demain !


Texte : Ann'So. Photos à venir bientôt !



Andrew Montgomery : MySpace
The Gadsdens : Site
Artmagic : Site
Chapel Club : Site